Des images qui me lacèrent, des images qui résonnent comme des cris.Des visages qui sourient en parlant de choses qui leur ronge la vie, mais moi je sais que ce qui vous fait sourire maintenant, vous a fait souffrir et continueras sûrement à le faire. Je connais, on me la fait pas à moi. Je sens ta solitude qui te rends si bavard, plus tu essayes de me convaincre, plus tu t'enfonce. Pourquoi tout ces masques, ces parures pour essayer de se tromper soi-même ?
Je commence à en être fatigué, moi au moins, j'essaye de pas trop sourire parfois, mieux on me connaît, plus mon masque s’effrite, moins je souris. Je pleure pas, je craque pas mais au moins, je souris pas, un pas de plus vers la Vérité. Je sais même pas si je pourrais la supporter, la Vérité de tout le monde. Les cris que je décèlent sont déjà trop nombreux, ce SDF que je regarde avec compassion avant de passer lâchement à coté de lui, comme tout le monde, et c'est normal... D'abord un sifflement ... Le cri arrive à son paroxysme quand cet homme sors de mon champ de vision, étrangement. Il provoque un déchirement, presque musculaire, du cœur, comme s'il réagissait à cette normalité réconfortante, un normal de façade qui nous aide à vivre avec la culpabilité. Comme un cri qui s'intensifie à chaque fois qu'il ne peut pas sortir, qu'on l'empêche de sortir, en même temps ; ce ne serait pas normal. Alors je me réfugie dans ma carapace, en dehors du monde sensible, un jour, je m'enfuirai plus loin qu'à l'intérieur de moi-même, dans une forêt, quelque part ou je n'entendrai plus les cris. J'ai peur qu'ils me rattrapent quand même. SI c'est le cas, je fais quoi moi ? Je suis pas un super-héros, je voudrais juste plus les entendre et être malheureux pour moi un peu. Je suis juste un type normal..
J'ai pas le droit, je suis un privilégié, je passe pas mes journées dans des gares routières, je sais où je serai l'heure d’après, j'ai un toit, et pourtant ... On se conditionne à la douleur, tous différemment, et lorsqu'on souffre, on devient tous le centre de l'univers. Pourquoi on arrêterais pas de faire semblant d'être normaux ? C'est quoi la norme ? On pleure pas, on rigole tout le temps, on fait pleins de choses parce qu'on a rien dedans et on se bat comme des animaux en disant qu'on en est pas ? La norme, elle sent des pieds, alors je continuerai de ne pas sourire pour faire chier, je pleurerai au contact des cris, si j'y arrive et je redeviendrai vraiment normal, comme un animal qui écoute ses peurs et son cœur sans les comprendre, eux au moins, ils connaissent la compassion au sein d'une espèce pendant que nous la perdons de vue, on ne s’intéresse plus qu'à son propre malheur, et c'est normal.
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